Le deuil est l’une des expériences les plus universelles et pourtant les plus solitaires. Perdre un être cher bouleverse tout et laisse face au vide, à une peine dont on ne sait pas quoi faire et combien de temps elle durera. Autour de soi, on entend souvent des phrases qui, malgré leur bonne intention, blessent parfois plus qu’elles n’aident : « il faut tourner la page », « le temps guérit tout », « tu en es à quelle étape ? ».
Je voudrais, dans cet article, proposer un autre regard sur le deuil : plus doux, plus respectueux de ce que vit réellement chaque personne. Un regard qui ne parle pas d’« étapes » à franchir dans l’ordre ni de délai à respecter mais d’une traversée qui se fait au rythme de celui ou celle qui la vit, et n’obéit à aucune règle.
En cette période de Toussaint où le souvenir de ceux qui nous ont quittés se fait plus présent il m’a semblé juste d’écrire ces quelques mots. Pas pour donner des recettes mais pour offrir un peu de douceur et d’humanité à celles et ceux qui traversent le chagrin.
Le deuil n’est pas une série d’étapes
Commençons par déposer quelques idées reçues qui pèsent lourd sur les personnes endeuillées.
Ni « étapes » à cocher, ni « page à tourner »
On a beaucoup entendu parler des « étapes du deuil », comme s’il fallait passer par un parcours balisé, dans l’ordre, pour « bien » faire son deuil. Ce dernier ne se résume pas à une liste d’étapes à cocher. C’est une traversée à effectuer au rythme de chaque personne, dans un mouvement de vie qui n’appartient qu’à elle. Il n’y a pas de bonne manière de vivre un deuil, pas de calendrier, pas de « retard ». Il y a votre chemin, tel qu’il se présente.
De même, « tourner la page » ou « faire son deuil » comme on solderait un compte n’a pas grand sens. On n’efface pas un être aimé, on n’oublie pas. On apprend, lentement, à vivre avec son absence, à faire une place au souvenir. Ce n’est pas refermer un livre : c’est continuer à écrire, autrement.
Le droit de ressentir toutes les émotions
Une autre idée fausse voudrait qu’un deuil ne soit que tristesse du début à la fin. C’est faux, et important à dire : c’est normal de ressentir de la tristesse durant un deuil, mais on a aussi le droit de se sentir joyeux·se, un moment, sans que cela signifie qu’on aimait moins, ou qu’on « oublie ». Rire, goûter un instant de douceur, se sentir vivant·e au milieu de la peine, tout cela est non seulement permis, mais profondément humain. Le deuil n’annule pas le droit à la joie.
Une traversée faite d’allers-retours
Voici ce qui me semble essentiel, et que l’on dit trop peu : le deuil n’est pas une descente linéaire vers le fond, puis une remontée. C’est bien plus mouvant que cela.
Même dans les pires traversées, on peut faire des allers-retours entre l’horreur et le doux, entre la souffrance et le plaisir, entre la douleur et la joie. Un instant on est submergé·e par la peine, et l’instant d’après un souvenir tendre fait sourire ; une matinée est insupportable, et l’après-midi apporte un moment de paix inattendu. Ces oscillations ne sont pas un signe d’instabilité ni d’incohérence : elles sont le mouvement même de la vie qui, malgré tout, continue de circuler en nous.
Et il est non seulement possible, mais précieux, de choisir parfois de s’accorder un moment où l’on sort un peu de cet état de deuil. S’autoriser une respiration, une douceur, une parenthèse — non pas pour fuir la peine, mais pour ne pas s’y noyer entièrement. Ces répits ne trahissent personne. Ils permettent, au contraire, de tenir la traversée.
Ma place, à côté des autres soutiens
Sur un sujet aussi grave, il est important que je sois claire sur mon rôle et sur ses limites.
Ma place n’est pas de « soigner » un deuil, ni de remplacer les soutiens essentiels que sont les psychologues, les thérapeutes spécialisés dans le deuil ou les groupes de parole. Ces accompagnements sont précieux voire indispensables et je ne m’y substitue jamais. Ce que je propose vient en complément, sur un autre plan.
Les personnes en deuil qui viennent me voir cherchent le plus souvent un enveloppement : se sentir contenues, accueillies, écoutées. Très souvent, je les laisse simplement parler, sans intervenir autrement qu’en posant mes mains sur elles pour les accompagner énergétiquement en douceur. C’est un espace de présence silencieuse, de réconfort du corps et du cœur : un lieu où déposer la peine sans avoir à l’expliquer ni à la justifier. C’est cela, ma place : offrir de la douceur et de la présence, à côté des soutiens dont chacun a besoin par ailleurs.
Lorsque le deuil devient trop lourd, quand la souffrance ne desserre jamais son étreinte, et qu’elle empêche durablement de vivre, de dormir, de fonctionner, il est essentiel d’en parler à un médecin ou à un·e psychologue. Certains deuils ont besoin d’un accompagnement spécialisé et le demander est un acte de soin envers soi. Mon accompagnement s’inscrit toujours à côté de ces soutiens-là, jamais à leur place.
Ce que j’aurais envie de vous dire, avec douceur
Impossible de trouver une formule toute faite pour quelqu’un qui traverse un deuil. Mais s’il fallait vous dire quelque chose, ce serait ceci, avec toute la douceur possible :
Je vous écoute. Ici, c’est votre espace. Prenez le temps de respirer, de sentir ce qui se passe dans votre corps, et écoutez votre besoin du moment : parler, vous taire, pleurer. Tout est ok.
Il n’y a rien à faire « comme il faut ». Il n’y a qu’à vous laisser être là où vous en êtes, sans vous juger, sans vous forcer. Votre peine a le droit d’exister, telle qu’elle est. Et vous n’avez pas à la traverser seul·e.
Parler de la mort, sans la nier
Une conviction, enfin, qui me tient à cœur — et que je partage sans aucun jugement, simplement comme une expérience.
Je crois qu’il est très important de pouvoir parler de la mort sans la nier. Non pas par morbidité, mais parce que la mettre sous silence n’aide personne : ni ceux qui restent, ni ceux qui partent. Pouvoir nommer les choses, en parler avec douceur et vérité, apaise souvent bien plus que le déni.
J’ai eu le privilège d’accompagner une dame en fin de vie, après plusieurs cancers et des traitements lourds. Face à sa mort qui approchait, elle ressentait un vrai plaisir à venir échanger avec moi et à vivre une séance. Elle me disait : « chaque soin énergétique et chaque discussion avec vous me permet de lâcher prise un peu plus, et de trouver de la sérénité face à ma mort qui approche. » C’était bouleversant de sentir sa confiance pour l’espace que je lui offrais. Je garde un merveilleux souvenir de nos échanges : quelle magnifique rencontre.
Ce souvenir raconte quelque chose d’essentiel : même face à la mort et à travers elle il reste possible de trouver de la douceur, de la sérénité, du lien. La vie, jusqu’au bout, garde sa lumière.
Se faire accompagner dans la traversée
On ne traverse pas un deuil seul·e et c’est bien ainsi. S’entourer, être soutenu·e, fait partie du chemin. L’essentiel est de trouver les soutiens qui vous conviennent : vos proches, un·e psychologue, un groupe de parole et si vous le souhaitez un espace de douceur pour accompagner le corps et le cœur.
C’est cet espace-là que je propose en séance. Un lieu où déposer la peine, où être enveloppé·e et écouté·e, où le corps peut relâcher un peu de ce qu’il porte — par le Soin Isis, très enveloppant, ou le Reiki Intuitif, tout en douceur. Toujours en complément des soutiens dont vous avez besoin par ailleurs, jamais à leur place. Vous pouvez aussi lire mon article sur le fait de faire le deuil d’une relation, qui aborde une autre forme de perte.
Il n’y a pas de bon moment pour venir, ni de « niveau » de peine requis. Si vous sentez le besoin d’un espace de douceur pour traverser ce que vous vivez, il est là. Et si votre souffrance est trop lourde, la priorité reste d’en parler à un médecin ou à un·e psychologue : mon accompagnement vient à leurs côtés, jamais à leur place.
Traverser un deuil ne se fait pas selon un mode d’emploi, en franchissant des « étapes » dans l’ordre ou en « tournant la page » à date fixe. C’est une traversée profondément personnelle, faite d’allers-retours entre la douleur et la douceur, où l’on a le droit de pleurer comme de sourire, de s’effondrer comme de s’accorder un répit. Tout cela, dans votre rythme, est juste.
S’il ne fallait retenir qu’une chose : vous n’avez pas à traverser cela seul·e, ni à le faire « bien ». Vous avez le droit d’être là où vous en êtes, d’être accompagné·e, et de trouver, même au cœur de la peine, des instants de douceur et de lumière. Car même dans les plus grandes traversées, la vie continue, doucement, de circuler.
Si vous traversez un deuil et que vous ressentez le besoin d’un espace d’écoute et de douceur, vous pouvez me contacter. Je vous y accueillerai avec toute la présence et le respect que méritent votre peine et votre chemin.
Je vous souhaite de rencontrer des moments de lumière au cœur de votre chagrin ✨
Je suis Sophie Bleue, thérapeute énergéticienne et coach de vie. Je reçois en cabinet à Gujan-Mestras (Bassin d’Arcachon) ou à distance, et je pratique le Reiki Intuitif, le Soin des Éléments, le Soin Isis et la Psychosynthèse. Tous mes accompagnements s’inscrivent en complément d’un suivi médical, jamais à sa place.



