Vous prenez vos vacances dans deux semaines. Et vous le sentez déjà : vous allez partir avec votre téléphone professionnel, vérifier vos mails « juste pour ne pas être débordé·e à la rentrée », garder un œil sur Slack « au cas où ». Vous allez peut-être même répondre à quelques messages, par habitude, sur la plage.
Et trois semaines plus tard, vous rentrerez épuisé·e, sans avoir vraiment décroché.
Cette situation est très fréquente. Selon une étude souvent citée, environ deux Français sur trois ne parviennent pas à décrocher de leur travail pendant leurs vacances. Et plus les responsabilités sont importantes, plus c’est difficile.
Dans cet article, je vous propose une approche concrète des vraies vacances — celles qui ressourcent vraiment. Sans culpabilité, sans extrémisme : juste des pratiques qui font la différence.
Pourquoi la fausse déconnexion ne ressource pas
Le système nerveux ne fait pas la différence
Quand vous consultez vos mails professionnels en vacances, votre cerveau active les mêmes circuits que pendant une journée de travail. Votre système nerveux reste en mode « vigilance professionnelle » — même si vous êtes physiquement allongé·e sur une serviette.
Résultat : le corps est en vacances, mais le mental reste au bureau. Et c’est le mental qui pilote la régénération.
L’illusion du « juste 5 minutes »
« Je vais juste regarder 5 minutes pour ne pas accumuler ». C’est un piège bien connu. Ces 5 minutes :
- Vous remettent en alerte pour les 30 minutes qui suivent
- Recréent des préoccupations que vous n’auriez pas eues sinon
- Vous obligent à choisir : répondre maintenant ou s’inquiéter de répondre plus tard
Plusieurs études montrent qu’il faut environ 48 heures pour qu’un cerveau habitué à la surconnexion commence à basculer en mode « vacances ». Une consultation rapide remet le compteur à zéro.
Le coût caché de la disponibilité partielle
Être « un peu disponible » est en réalité plus coûteux énergétiquement que d’être totalement déconnecté·e ou totalement au travail. Pourquoi ? Parce que votre cerveau doit gérer en parallèle deux modes contradictoires : se reposer et rester vigilant. Cette dissonance est épuisante.
Les 3 niveaux de déconnexion
Pour vraiment décrocher, il ne suffit pas de mettre son téléphone en mode avion. Il y a trois niveaux à travailler, idéalement dans cet ordre.
Niveau 1 — La déconnexion numérique
C’est le plus simple à mettre en place techniquement, mais le plus difficile psychologiquement.
Mesures concrètes :
- Désinstaller les applis professionnelles (mail, Slack, Teams) avant de partir — vous les réinstallerez à la rentrée
- Configurer une réponse automatique claire : « Je suis en congé du X au Y, sans accès à mes messages. Je reviens vers vous à mon retour. Pour les urgences, contactez [collègue]. »
- Bloquer les notifications sur les autres applications (réseaux sociaux, actualités)
- Garder le téléphone hors de vue : dans un sac, dans une autre pièce, pas dans la poche
- Idéal : remplacer le smartphone par un téléphone basique pour la durée des vacances
Le droit à la déconnexion existe et est inscrit dans le Code du travail français — votre employeur ne peut pas vous reprocher de ne pas répondre pendant vos congés. Sur ce point, l’INRS propose des informations précises sur vos droits.
Niveau 2 — La déconnexion mentale
Plus subtile, c’est arrêter de penser au travail — alors même qu’on n’y est plus connecté physiquement.
Pratiques utiles :
- Tenir un carnet les premiers jours, pour vider ce qui revient en boucle (voir le carnet de bord énergétique)
- Pratiquer la cohérence cardiaque 3 fois par jour pour ramener le système nerveux au calme
- Marcher chaque jour, sans podcast ni musique informationnelle (la marche méditative est parfaite)
- Accepter que les pensées professionnelles reviennent — c’est normal. Les laisser passer sans les nourrir suffit.
Cette déconnexion mentale prend 3 à 5 jours à s’installer, parfois plus. Ne soyez pas dur·e avec vous-même si elle ne vient pas tout de suite.
Niveau 3 — La déconnexion corporelle
C’est le niveau le plus profond, et celui qui ressource vraiment.
Signes que votre corps a vraiment déconnecté :
- Vous dormez profondément (et longtemps les premiers jours, c’est normal)
- Vous ressentez la faim différemment (besoins réels plutôt qu’horaires fixes)
- Votre respiration s’approfondit spontanément
- Vous avez envie de bouger différemment : marcher, nager, danser
- Vous redécouvrez le silence sans angoisse
Pour soutenir cette déconnexion corporelle :
- Beaucoup d’eau (la déshydratation maintient l’agitation)
- Limiter café, alcool, sucre (qui imitent le mode « alerte »)
- Bouger doucement chaque jour
- Repas lents, sans écran
- S’exposer à la nature : pieds nus dans l’herbe ou le sable, bain dans l’eau froide d’une rivière ou de l’océan
Que faire si l’angoisse de la déconnexion arrive
Pour certaines personnes, se déconnecter génère de l’anxiété dans les premiers jours. C’est paradoxal mais fréquent : le mental, habitué à la stimulation constante, panique dans le vide.
Quelques repères :
- Cette anxiété est temporaire : elle passe généralement en 3 à 5 jours
- Respirer plutôt que céder : 5 cycles de respiration consciente quand l’envie de consulter monte
- Ne pas dramatiser : si vous craquez et regardez vos mails un jour, ce n’est pas un échec. Recommencez le lendemain.
- Parler de cette anxiété à un proche, ça allège
Si l’anxiété est forte et persistante, c’est peut-être le signe d’une anxiété plus profonde qui mérite une attention spécifique. Mon article sur le Reiki et l’anxiété peut éclairer cette piste.
Que peut vraiment vous apporter une vraie déconnexion
Sans promesse miraculeuse, voici ce que les personnes qui pratiquent vraiment la déconnexion rapportent souvent :
- Un sommeil profond retrouvé après quelques jours
- Des idées créatives qui émergent (le cerveau au repos travaille différemment)
- Plus de clarté sur ses vraies priorités professionnelles (qu’on voit mieux de loin)
- Une reconnection à des plaisirs simples qu’on avait oubliés
- Parfois : un vrai repos émotionnel — la sensation d’avoir vraiment ralenti
Ces effets s’installent surtout à partir de la 2e semaine de vraies vacances. C’est pour cela qu’il est précieux de prendre au moins 2 semaines consécutives quand c’est possible — une seule semaine est souvent trop courte pour atteindre la déconnexion corporelle profonde.
Quelques erreurs courantes à éviter
« Je vais utiliser mes vacances pour faire tout ce que je n’ai pas le temps de faire »
L’erreur classique. Vous arrivez fatigué·e, vous voulez tout faire (visiter, rénover, lire 5 livres, voir famille et amis), et vous rentrez plus fatigué·e qu’au départ. Ne planifiez pas tout. Laissez de l’espace pour ne rien faire.
« Je vais juste vérifier mes messages le matin »
Le piège déjà décrit. Cette consultation rapide vous remet en mode travail pour des heures.
« Mes vacances commencent dans le train / l’avion »
Si vous travaillez jusqu’au dernier moment, votre cerveau ne fait pas la transition. Prenez au moins une demi-journée tampon avant le départ.
« Je dois faire des choses ‘enrichissantes' »
L’ennui fait partie des vraies vacances. Laissez-vous vous ennuyer. C’est dans l’ennui que votre créativité s’exprime.
Pour conclure
Vraies vacances = vraie déconnexion. Pas seulement du téléphone, mais aussi du mental et du corps en mode « alerte ». C’est un travail qui demande 3 à 5 jours minimum pour s’installer — et qui vaut largement l’effort.
Si vous sortez d’une période professionnelle particulièrement intense et que vous sentez qu’un accompagnement pourrait vous aider à redescendre vraiment, n’hésitez pas à me contacter avant ou après vos vacances. Une séance pendant celles-ci peut aussi être très bénéfique ! Je vous accueille en cabinet à Gujan-Mestras ou à distance.
Belles vacances à vous, vraies cette fois.
Je suis Sophie Bleue, thérapeute énergéticienne et coach de vie. Je reçois en cabinet à Gujan-Mestras (Bassin d’Arcachon) ou à distance, et je pratique le Reiki Intuitif, le Soin des Éléments, le Soin Isis et la Psychosynthèse. Tous mes accompagnements s’inscrivent en complément d’un suivi médical, jamais à sa place.



