Il y a, chez la plupart d’entre nous, une part qu’on n’aime pas. Ce peut être une émotion qu’on juge inavouable — notre colère, notre jalousie, notre envie. Un trait qu’on voudrait gommer — notre sensibilité qu’on trouve excessive, notre timidité, notre besoin des autres. Ou cette voix intérieure qui juge sans relâche, qui pointe nos défauts, qui nous répète qu’on n’est pas assez ceci, ou trop cela.
Face à cette part de nous, la plupart du temps, on fait la guerre. On la cache, on la refoule, on lutte contre elle, on se reproche de l’avoir. On croit qu’en la combattant assez fort, on finira par s’en débarrasser et devenir enfin quelqu’un de « bien », de lisse, d’acceptable. Mais cette guerre intérieure est épuisante, et elle ne fonctionne pas : plus on rejette une part de soi, plus elle pèse.
Dans cet article, je vous propose une autre voie : celle de l’acceptation de soi. Non pas se résigner, ni tout aimer en soi de force, mais apprendre à faire la paix avec ces parts qu’on rejette. Car c’est souvent cette réconciliation intérieure, bien plus que la lutte, qui apaise et qui libère. Et c’est aussi, au fond, le vrai chemin pour apprendre à s’aimer soi-même : non pas en devenant parfait·e, mais en cessant de se faire la guerre.
Ce qu’est vraiment l’acceptation de soi
Le terme est galvaudé, et souvent mal compris. Avant de chercher à s’accepter, il faut lever quelques malentendus, car ils sont ce qui bloque le plus.
Ce n’est pas tout aimer en soi
L’acceptation de soi ne consiste pas à trouver merveilleux tout ce qu’on est. On peut accepter une part de soi sans l’aimer, sans l’approuver. Accepter sa colère, par exemple, ne veut pas dire la trouver bonne ou la laisser tout dominer — cela veut dire reconnaître qu’elle est là, cesser de la nier, et pouvoir la regarder en face. C’est cette reconnaissance, et non une adoration forcée de soi, qui apaise. On peut faire la paix avec quelque chose sans en être fier.
Ce n’est pas de la résignation
Accepter une part de soi n’est pas s’y résigner ni renoncer à évoluer. C’est même le contraire. Tant qu’on est en guerre contre une part de soi, on la fige — l’énergie passe à lutter, pas à transformer. Paradoxalement, c’est quand on cesse de combattre une part de soi, quand on l’accueille enfin, qu’elle peut évoluer. L’acceptation n’est pas la fin du changement : elle en est souvent la condition. On ne transforme bien que ce qu’on a d’abord accepté de regarder.
Ce n’est pas un état définitif
Enfin, l’acceptation de soi n’est pas un sommet qu’on atteindrait une fois pour toutes. C’est un mouvement, qu’on refait sans cesse, au fil des jours et des parts de soi qui se présentent. Certains jours on est en paix, d’autres la vieille guerre reprend. C’est normal. S’accepter, c’est aussi accepter de ne pas toujours y arriver — sans en faire une nouvelle raison de se juger.
Pourquoi on rejette certaines parts de soi
Pour faire la paix, on commence par comprendre d’où vient la guerre. On ne se met pas à détester une part de soi sans raison — il y a une histoire derrière chaque rejet.
Des parts jugées inacceptables très tôt
Souvent, les parts de nous qu’on rejette sont celles qu’on a appris, enfant, à considérer comme inacceptables. Une colère qui a été punie, une sensibilité qu’on a moquée, un besoin qui a été ignoré. Le message reçu — « cette part de toi n’est pas la bienvenue » — s’est gravé, et on a fini par le reprendre à notre compte, rejetant nous-mêmes ce que notre entourage rejetait. Ces parts ne sont pas mauvaises : elles ont simplement été mal accueillies, et elles portent encore cette blessure.
Le critique intérieur
Chez beaucoup de personnes, le rejet de soi prend la forme d’une voix intérieure critique, féroce, qui juge en permanence. Cette voix n’est pas la vérité sur vous — c’est souvent l’écho intériorisé de jugements anciens, de figures exigeantes, d’une éducation rigide. On la prend comme une vérité alors qu’elle n’est qu’une vieille habitude de se maltraiter. Reconnaître que cette voix intérieure critique n’est qu’une part de soi, et non la réalité de ce que nous sommes est un premier pas essentiel.
La peur de ce que ces parts révèlent
Parfois, on rejette une part de soi parce qu’elle nous fait peur : peur d’être vraiment en colère, vraiment vulnérable, vraiment désirant. On craint que si on laissait exister cette part, elle prendrait tout le pouvoir. Mais c’est l’inverse qui est vrai : c’est ce qu’on refoule qui déborde. Une part accueillie et comprise se régule ; une part combattue et niée finit par exploser ou par nous miner en silence.
Le regard de la psychosynthèse : des parts à intégrer
L’approche à laquelle je suis formée, la psychosynthèse — développée par le psychiatre Roberto Assagioli — offre une lecture particulièrement éclairante et douce de l’acceptation de soi.
Nous sommes faits de multiples parts
La psychosynthèse propose une idée libératrice : nous ne sommes pas une personnalité unique et lisse, mais un ensemble de parts — Assagioli parlait de sous-personnalités. La part sensible, la part combative, la part apeurée, la part qui juge, la part qui rêve. Chacune a sa place, son histoire, son intention. La part que vous rejetez n’est donc pas « vous en entier » — c’est une part parmi d’autres, que vous avez le pouvoir de regarder sans être elle.
Chaque part a une intention positive
C’est peut-être l’idée la plus transformatrice : même la part que vous détestez a, à l’origine, une intention positive. Votre critique intérieur cherchait peut-être à vous protéger de l’échec ou du rejet. Votre colère défend quelque chose d’important pour vous. Votre part contrôlante essaie de vous sécuriser. Quand on comprend ce que cherche vraiment une part qu’on rejette, on cesse de la voir comme un ennemi à abattre, et on peut commencer à dialoguer avec elle. C’est un travail que je propose notamment à travers l’exercice de psychosynthèse partagé sur le blog.
Le centre qui accueille tout
Au-delà de ces parts multiples, la psychosynthèse pose l’existence d’un centre plus vaste — un « vous » qui n’est aucune part en particulier, mais qui peut toutes les accueillir. Depuis ce centre, vous n’êtes plus identifié·e à votre critique intérieur ou à votre colère : vous êtes celui ou celle qui a une part critique, une part en colère, et qui peut les regarder avec bienveillance. C’est depuis ce centre que l’acceptation devient possible — non pas en aimant chaque part, mais en les accueillant toutes comme faisant partie de vous.
Cheminer vers l’acceptation, concrètement
Faire la paix avec soi n’est pas une décision qu’on prend un matin, mais un cheminement fait de petits gestes intérieurs. En voici quelques-uns.
Reconnaître au lieu de combattre
Le premier pas est simplement de reconnaître la part qu’on rejette, au lieu de la combattre. Quand elle se manifeste — la colère, le critique, la peur — on peut la nommer intérieurement : « voici ma part en colère », « voici mon critique qui parle ». Cette simple reconnaissance crée déjà un espace, une distance. On cesse d’être submergé·e par la part pour devenir celui ou celle qui l’observe. C’est le début de la paix.
Chercher ce que la part protège
Plutôt que de faire taire une part gênante, on peut lui demander ce qu’elle cherche à protéger. Que veut mon critique intérieur ? De quoi ma part apeurée a-t-elle peur ? Souvent, on découvre une intention touchante derrière ce qu’on détestait — une part qui, maladroitement, essayait de prendre soin de nous. Cette compréhension change tout : on ne peut plus haïr de la même façon une part dont on a saisi la bonne intention.
Se traiter avec douceur
L’acceptation de soi et l’autocompassion sont intimement liées. Apprendre à se parler avec la douceur qu’on offrirait à un ami, cesser de relayer la voix du critique intérieur, s’accorder le droit d’être imparfait·e : c’est le terreau sur lequel l’acceptation peut pousser. On ne fait pas la paix avec soi à coups de reproches. On la fait avec de la bienveillance.
Accepter d’être un chantier en cours
Enfin, s’accepter, c’est accepter d’être une personne en chemin, jamais finie, jamais parfaite. Vous n’avez pas à être « réparé·e » ou « abouti·e » pour vous accepter. Vous pouvez faire la paix avec vous-même exactement là où vous en êtes, avec vos parts lumineuses et vos parts d’ombre, vos réussites et vos chantiers. C’est peut-être ça, au fond, l’acceptation de soi : se tenir avec bienveillance dans son propre inachèvement.
Se faire accompagner sur ce chemin
On peut cheminer seul·e vers l’acceptation de soi, et cet article vous en donne déjà des repères. Mais faire la paix avec des parts qu’on rejette depuis longtemps, parfois depuis l’enfance, n’est pas toujours possible seul·e — précisément parce que le regard qu’on porte sur soi est justement ce qui est blessé. Être accompagné·e, dans ce travail, change souvent profondément les choses.
C’est une part importante de ce que je propose en séance. Mon accompagnement inspiré de la psychosynthèse est fait pour cela : vous aider à donner une voix aux parts que vous rejetez, à comprendre ce qu’elles cherchent, à les accueillir depuis ce centre bienveillant qui est en vous. Ce n’est pas moi qui vous « répare » — vous n’êtes pas cassé·e. C’est un travail où vous êtes pleinement acteur·rice : je vous accompagne à faire la paix avec vous-même, à votre rythme. Vous pouvez découvrir cette approche sur ma page dédiée à la psychosynthèse et à mon accompagnement de coaching de vie.
Il n’y a pas besoin d’aller mal pour venir. Être fatigué·e de se faire la guerre, de porter ce critique intérieur, est une raison largement suffisante pour s’offrir cet espace de réconciliation. Et si le rejet de soi s’accompagne d’une souffrance profonde, d’une dévalorisation intense ou d’un mal-être durable, il est important d’en parler aussi à un médecin ou à un·e psychologue : mon accompagnement vient en complément d’un tel suivi, jamais à sa place.
L’acceptation de soi n’est pas un exercice d’auto-admiration où l’on devrait tout aimer en soi. C’est quelque chose de plus doux et de plus profond : cesser de se faire la guerre. Reconnaître les parts qu’on rejette au lieu de les combattre, comprendre ce qu’elles cherchent à protéger, les accueillir depuis ce centre bienveillant qui, en vous, peut tout regarder sans juger.
Faire la paix avec la part de soi que l’on n’aime pas — c’est arrêter de la traiter en ennemie, et retrouver ainsi une forme d’unité et de paix intérieure. C’est s’aimer soi-même : non pas dans un amour complaisant qui trouverait tout parfait, mais la bienveillance de s’accueillir soi, en entier. Vous n’êtes pas une personne à réparer, mais un être multiple et en chemin, qui mérite d’être accueilli dans son intégralité y compris dans ses parts d’ombre. C’est là, souvent, que commence la vraie paix.
Si vous êtes fatigué·e de cette guerre intérieure et que vous aimeriez être accompagné·e vers plus d’acceptation, vous pouvez me contacter. Nous prendrons le temps, ensemble, de faire la paix avec ce qui, en vous, demande à être enfin accueilli.
Je suis Sophie Bleue, thérapeute énergéticienne et coach de vie. Je reçois en cabinet à Gujan-Mestras (Bassin d’Arcachon) ou à distance, et je pratique le Reiki Intuitif, le Soin des Éléments, le Soin Isis et la Psychosynthèse. Tous mes accompagnements s’inscrivent en complément d’un suivi médical, jamais à sa place.



